Une étude sur les prix des pompes à chaleur, qui ne publie pas de prix
Le marché des pompes à chaleur air-eau a perdu 40 % en 2024 et n'a pas rebondi. Pour les prix, l'étude qui les annonce dans son titre n'en publie que les volumes.
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Nous cherchions une source de prix. Une vraie : méthodologie, échantillon, date. Une seule publication française porte ce titre, et elle est de l’observatoire des énergies renouvelables : Marché et prix des pompes à chaleur individuelles, édition 2026, publiée le 7 mai.
Sa page de synthèse publique donne des volumes, et seulement des volumes. Les données tarifaires sont dans le rapport complet, payant. Nous ne l’avons pas lu, et nous ne publierons donc aucun prix en nous en réclamant.
C’est une situation curieuse, et elle mérite d’être dite : sur un marché d’environ un million d’appareils par an, largement subventionné par l’argent public, il n’existe aucune référence de prix accessible gratuitement. Le seul repère émanant de la puissance publique est un plafond de dépense éligible, 12 000 € pour une pompe à chaleur air-eau, qui n’est pas un prix de marché.
Le vide est occupé par les comparateurs. Leurs fourchettes sont ce qu’elles sont : nous les citons en les attribuant, et en signalant leurs contradictions internes, dont l’une est spectaculaire puisque chez l’une des sources le matériel seul coûte, en haut de fourchette, plus cher que le matériel posé.
Les volumes, eux, sont publiés
Et ils racontent une histoire nette.
2024 : effondrement. Moins d’un million de pompes à chaleur individuelles vendues, en recul de 19 % sur un an. Les modèles air-eau perdent à eux seuls 40 %, les géothermiques 24 %, les air-air 12 %. Cette chute suit une hausse continue depuis 2016, de 133 % entre 2016 et 2023 (SDES, Chiffres clés des énergies renouvelables, édition 2025).
2025 : stabilisation à bas niveau. 941 250 pompes à chaleur aérothermiques, en hausse de 0,3 %, dont 759 500 air-air et 181 750 air-eau, en hausse de 0,6 %. Les géothermiques, 3 140 unités, progressent de 4 % (Observ’ER, étude 2026).
Autrement dit : le segment air-eau a perdu 40 % en un an, et n’a pas repris le terrain perdu l’année suivante.
L’explication que tout le monde donne, et que personne n’établit
L’instabilité des aides. C’est l’hypothèse dominante, elle est plausible, elle est répétée partout, et les sources disponibles la posent en hypothèse, jamais en lien démontré. Elle se lit donc comme telle.
Ce qui est établi, en revanche, c’est la chronologie : suspension de MaPrimeRénov’ du 1er janvier au 23 février 2026 faute de budget voté, réouverture, puis réduction drastique du parcours par geste au 1er septembre.
Une réserve sur une autre donnée
Puisque nous parlons de chiffres publics : la page du SDES que nous avons consultée présente une production de chaleur renouvelable de 51,9 TWh en 2024, avec des sous-totaux de 31,6 TWh pour l’air-air, 23,1 pour l’air-eau et 4 pour la géothermie. La somme fait 58,7. Nous ne publions pas ces sous-totaux, et nous signalons l’écart plutôt que de choisir celui qui nous arrange.