Ce qu'un devis de pompe à chaleur doit dire, et qu'il ne dit presque jamais
Comment lire et comparer deux devis de pompe à chaleur.
Faits vérifiés le
Deux devis pour la même maison, à 2 000 € d’écart. Le moins cher est-il le meilleur marché ? Impossible à dire tant qu’on ne sait pas ce que chacun recouvre. Voici les six points qui rendent deux devis comparables, dans l’ordre où ils comptent.
1. Le régime d’eau retenu
C’est la donnée la plus souvent absente, et la plus déterminante. Une machine dimensionnée pour un départ à 45 °C et une machine dimensionnée pour 55 °C ne feront pas le même travail, ne consommeront pas la même chose, et ne coûtent pas le même prix.
Un devis qui annonce une puissance sans annoncer le régime ne vous engage à rien. Pourquoi ce chiffre décide de tout.
2. Le rapport à vos déperditions
La puissance doit être rapportée à un calcul, pas à une surface. Demandez le pourcentage : le document technique du métier vise 70 à 100 % des déperditions sans appoint, le dispositif des certificats d’économies d’énergie admet 70 à 120 %. Les deux règles et ce qui les sépare.
La note de dimensionnement est d’ailleurs obligatoire et contrôlée dans le cadre des certificats d’économies d’énergie. Elle doit exister. Demandez-la avant de signer, pas après.
3. Le sort des émetteurs
Le devis prévoit-il de remplacer ou d’agrandir des radiateurs ? Si oui, lesquels et sur quel calcul. Si non, sur quelle base a-t-on conclu qu’ils suffisaient.
C’est le premier poste de surcoût imprévu en rénovation, et il n’est couvert par aucun document opposable : le NF DTU 65.16 exclut explicitement les émetteurs de son périmètre.
4. Les sept postes annexes
Ils se chiffrent au cas par cas, et beaucoup de devis les passent sous silence. Vérifiez, ligne par ligne, la présence ou l’absence de :
- la dépose et l’évacuation de l’ancienne chaudière ;
- la dépose ou la neutralisation d’une cuve à fioul, qui est un geste d’aide distinct et se facture donc à part ;
- l’adaptation des émetteurs ;
- le ballon tampon éventuel ;
- le ballon d’eau chaude s’il est séparé ;
- la mise en service et le réglage de la loi d’eau ;
- les travaux électriques et le génie civil : ligne dédiée, disjoncteur, éventuelle augmentation de puissance souscrite, dalle, plots antivibratiles, évacuation des condensats.
Deux devis qui n’en retiennent pas les mêmes ne sont pas comparables, quel que soit l’écart de prix affiché. Le détail est ici.
5. Le statut RGE, écrit noir sur blanc
Depuis la loi du 30 juin 2025, le professionnel doit mentionner dans le contrat la détention ou l’absence du label RGE requis pour les aides, les conséquences financières en cas de non-détention, ainsi que l’identité des sous-traitants et leur statut (Anil).
Le non-respect entraîne la nullité du contrat et une amende de 15 000 à 75 000 €. C’est votre meilleure protection, et elle se vérifie d’un coup d’œil : la mention y est, ou elle n’y est pas. Ce qu’il faut regarder de plus près.
6. Le chiffrage des aides, et le reste à charge qui en découle
Le devis doit distinguer le montant total TTC, les aides estimées poste par poste, et ce qui reste à votre charge. Trois vérifications :
- le taux de TVA : 5,5 % sur une pompe à chaleur air-eau dans un logement achevé depuis plus de deux ans ;
- le plafond de dépense retenue pour MaPrimeRénov’, qui est de 12 000 € et non le montant du devis ;
- le montant de prime annoncé au titre des certificats d’économies d’énergie, qui est une offre commerciale d’un acteur, pas un droit.
Ce que la DGCCRF vous conseille, et que nous répétons
Vérifier l’ensemble des données chiffrées, et ne jamais signer un document sans l’avoir entièrement lu, l’attestation de fin de travaux en particulier (DGCCRF).
Ajoutons-en une, propre à cette niche : un devis établi sans que personne ne soit venu voir l’installation n’est pas un devis. Le régime d’eau, l’état des émetteurs, l’emplacement de l’unité extérieure et le tableau électrique ne se constatent pas au téléphone.