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Dimensionner

Ce qu'une pompe à chaleur consomme vraiment, et ce qui fait varier la facture

Peut-on prévoir la facture d'électricité d'une pompe à chaleur.

Faits vérifiés le

Unité extérieure de pompe à chaleur contre un mur de maison par temps de gel, givre sur la grille du ventilateur et condensat gelé sous l'appareil
Le givre sur la grille, c'est le dégivrage à venir : les cycles que le COP annoncé ne compte pas.

C’est la première question posée, et c’est celle à laquelle on vous répondra le plus volontiers par un nombre. Nous n’en donnerons pas.

Non par prudence de façade : parce que le nombre dépend de variables qu’aucun devis ne connaît, et parce que la DGCCRF a sanctionné précisément la surévaluation des gains énergétiques, obtenue en dissimulant des frais réels tels que ceux du réseau d’électricité ou du remplacement des pièces (DGCCRF, enquête publiée le 3 octobre 2019). SignalConso recense les promesses non tenues sur les économies d’énergie parmi les motifs de signalement.

Ce que le chiffre du catalogue mesure, et ce qu’il ne mesure pas

Une machine est caractérisée par son efficacité énergétique saisonnière, mesurée selon un protocole normalisé, à un régime d’eau donné. C’est pourquoi le dispositif des certificats d’économies d’énergie exige des seuils différents selon le régime : plus élevé à 35 °C, plus bas à 55 °C (fiche BAR-TH-171).

Deux conséquences que le catalogue ne dit pas.

Une efficacité annoncée à 35 °C ne décrit pas une installation qui tourne à 50 °C. Si vos radiateurs imposent un régime plus haut, la performance réelle sera inférieure, et l’écart n’est pas marginal.

Si l’eau chaude sanitaire est produite par la même machine, le régime effectif monte, quel que soit l’émetteur : le mécanisme est ici.

Avant de comparer deux machines, demandez donc sur quel régime chaque chiffre a été établi. Sans cette précision, deux nombres ne sont pas comparables.

Les trois réglages qui pèsent plus que le choix de la machine

La loi d’eau. C’est la courbe qui relie la température de départ à la température extérieure. Laissée au réglage d’usine, elle envoie de l’eau plus chaude que nécessaire pendant toute la saison de chauffe. C’est le premier levier de consommation d’une installation, et il ne coûte rien à corriger : voir les symptômes.

L’appoint électrique. S’il n’est pas bridé après la mise en service, il prend le relais bien plus tôt et bien plus souvent que prévu. La machine tourne, la facture correspond à du chauffage électrique direct, et rien ne le signale.

Le dimensionnement. Une machine trop puissante ne module pas assez bas et enchaîne les démarrages. Chaque cycle court se paie, et le mauvais dimensionnement figure en tête des problèmes recensés par la puissance publique.

Aucun de ces trois points ne dépend de la marque. Tous les trois dépendent de qui a réglé quoi, et quand.

Ce que vous pouvez faire, à défaut d’une prévision

Relevez votre consommation actuelle, en kilowattheures de gaz ou en litres de fioul, sur deux ou trois saisons complètes. C’est la seule donnée solide dont vous disposiez, et elle décrit votre logement, pas un logement moyen.

Notez la température de départ affichée par le régulateur, une fois l’installation en service, par temps froid. Comparée à celle annoncée sur le devis, elle vous dit si la loi d’eau a été réglée.

Surveillez les heures de fonctionnement de l’appoint. La plupart des régulateurs les comptabilisent. Une valeur qui grimpe hors période de grand froid est une anomalie à signaler, pas une fatalité.

Comparez une saison entière à une saison entière. Un mois de janvier doux ne prouve rien, et un mois de janvier froid non plus.

Le rendez-vous qui sert à ça

La visite d’entretien biennale comprend, selon le décret qui l’organise, l’évaluation du coefficient de performance. Demandez la valeur, et faites-la noter. D’une visite à l’autre, une dérive se voit là, et nulle part ailleurs.

Les phrases à ne pas croire

« Vous diviserez votre facture par trois. » « L’installation se rembourse en sept ans. » « Économies garanties. » Aucune de ces affirmations ne peut être établie avant la pose, et certaines ont valu des sanctions à leurs auteurs.

Ce qu’un professionnel sérieux peut vous dire, en revanche, c’est à quel régime il dimensionne, quelle efficacité la machine atteint à ce régime-là, et comment l’appoint est paramétré. Ces trois réponses valent mieux qu’un pourcentage. Ce qui doit figurer sur le devis est ici.

Avant de partir

Vous savez maintenant quoi demander

Le régime d'eau visé, la puissance calculée sur vos déperditions, le sort de vos émetteurs : ce sont ces lignes qui font l'écart entre deux devis. Décrivez votre installation une fois, puis lisez les réponses côte à côte.

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